Dates: Vendredi 7 février 2020
horaires: 18h
Organisé par: Organisé par la Cie BAL Arts Légers et la Cie Le Grain de Sable
Tarif: Entrée : participation libre
Adhesion: Adhésion Public Entre-Pont : 2€ (valable pour l'année civile en cours)

Sortie de résidence de la Compagnie BAL Art Légers


Après avoir écrit, il y a cinq ans Le petit Chaperon voit rouge d’après le conte traditionnel, Thierry Vincent s’est inspiré d’une œuvre classique familière aux oreilles des plus jeunes. La Belle et la Bête d’après le roman précieux de madame de Villeneuve paru en 1740.

ll fut un temps où de jeunes filles fort obéissantes se sacrifiaient pour sauver leur père. L’une d’elles fut même vouée à épouser la plus repoussante des bêtes. Or, comme rien n’est joué d’avance et que l’espoir meurt toujours en dernier, la belle fit contre mauvaise fortune bon cœur, déjoua les apparences et dénicha sous la masse de poils et de muscles, la vraie beauté.
Magie d’une rencontre où deux solitudes croisées brisent les sortilèges.
BAL s’aventure dans le plus enchanté des contes pour l’enfance, où le monstre questionne l’humain, comme le sphinx autrefois.


Texte, mise en scène et dessins : Thierry Vincent
Jeu : Elise Clary, Elodie Tampon-Lajarriette, Thierry Vincent
Regard : Laurent Prévot
Scénographie : Philippe Maurin
Production / Diffusion : Isabelle Klaric

Extrait
La Belle : Dois-je dire Monsieur ou...
La Bête : Madame ?
La Belle : Non, ce n’est pas ce que je voulais dire.
La Bête : Appelez-la moi la Bête, puisque c’est l’effet que je fais.
La Belle : Avec une majuscule ?
La Bête : Avec une majuscule.
La Belle : Bonsoir la Bête.
La Bête grogne.
La Belle : Vous n’y mettez pas du vôtre. Tout cet appareillage, ces sonorités…
La Bête : … sont ma chair.
La Belle : Vous m’appelez ma chère ? Mais nous nous connaissons à peine.
La Bête : Ma chair et mes os. Nul accessoire ici, c’est ainsi que je suis, c’est ainsi que je vis.

Présentation du spectacle et des thèmes qui le traversent
Par Isabelle Klaric

BAL produit et diffuse son propre répertoire avec les créations de Thierry Vincent qui écrit pour le jeune public des textes originaux (Bulle, une odyssée, Azerty et les mots perdus, Polis comme des galets). Il adapte aussi et s’inspire de certaines œuvres classiques familières aux enfants : le petit Chaperon voit rouge d’après le conte traditionnel, Tombés du ciel d’après les Métamorphoses d’Ovide et ici, la Belle et la Bête d’après le roman précieux de madame de Villeneuve paru en 1740.
« Le monstre se fit entendre. Un bruit effroyable, causé par le poids énorme de son corps, par le cliquetis terrible de ses écailles et par des hurlements affreux, annonça son arrivée. En voyant approcher la Bête, qu’elle ne put envisager sans frémir en elle-même, la Belle avança d’un pas ferme, et d’un air modeste salua fort respectueusement la Bête. Cette démarche plut au monstre. Se retournant vers la Belle, il lui dit : « Bonsoir, la Belle. » ».
Le style du siècle des Lumières nourrit l’écriture de Thierry Vincent. Aussi la plume somptueuse de madame de Villeneuve l’invite une nouvelle fois à « plonger dans un bain de langage rafraîchissant », où les enfants pourront piocher des mots rares et enrichir leur vocabulaire et possibilité d’expression.
Les thèmes présents dans le roman participent aussi aux questions que la compagnie souhaite aborder avec le jeune public autour du Vivre ensemble. Dans la Belle et la Bête, la relation homme-femme est centrale, fragile à cause des peurs qu’elle peut éveiller de part et d’autre : peur du sexe « opposé » (que les enfants connaissent bien), peur de la différence, peur tout simplement de l’Autre, figure exacerbée dans le personnage du Monstre, qui interroge la condition humaine, à la frontière poreuse entre l’homme et l’animal.
Ce roman possède une portée éducative voire civilisatrice car pour rendre possible et faire vivre cette relation, il apparaît au duo nécessaire de gérer ses émotions et d’user de la sagesse du renard de Saint-Exupéry en cherchant à « s’apprivoiser ». Faire preuve de bienveillance, de bonté, de courage et de force d’esprit pour dépasser les a priori. Les jeunes spectateurs voient la naissance d’un amour au-delà des apparences et c’est la première fois que BAL aborde ce sujet si universel avec les plus jeunes.
« La nuit porte conseil. » L’enchantement du spectacle, sa dimension onirique tiennent aussi dans les visites nocturnes d’un jeune homme à la Belle, peut-être allégorie de sa propre conscience, qui entre en dialogue avec elle et lui permet de voir plus clair, de prendre de la distance et mûrir sa réflexion pour mieux agir le lendemain.
Avec les personnages du RAT CONTEUR, de l’ACTRICE ET DE LA COMÉDIENNE qui mettent en place le procédé du théâtre dans le théâtre (ils narrent et jouent l’histoire, marquent des arrêts dans la narration, se posent des questions, tirent des conclusions sur ce qui vient de se passer), BAL dévoile aux enfants le procédé de distanciation qui donne sa spécificité à l’art du théâtre et permet de jouer avec l’humour et d’inviter les enfants à devenir les complices malicieux de cet amour naissant.