De septembre à décembre 2018


© Elizabeth Choleva - spectacle 99 FEMMES

De l’écriture aux planches de théâtre, 99 FEMMES est un projet fondé sur l’engagement et la mixité sociale.

En 2017, Geneviève Flaven auteure française expatriée en Chine à Shangai contacte l’Entre-Pont à Nice pour lui proposer de travailler sur un concept qu’elle a élaboré et réalisé en  Chine puis en Inde.

Il s’agit d’un projet collaboratif basé sur des récits/témoignages de vie collectés auprès d’une centaine de femmes.Ces récits sont ensuite retravaillés sous forme de fragments puis mis en scène avec des femmes volontaires afin d’en faire un spectacle.

Elle revient ensuite vers Nice où elle a vécu et propose aux artistes de l’Entre-Pont de se saisir de cette idée et de d’en faire leur propre version. Les compagnies gestionnaires de  l’Entre-Pont ont tout de suite été séduites par cette proposition qui résonne avec leur démarche artistique et créent leur propre « 99 femmes » .

Présentation du spectacle finalisé : samedi 8 décembre à 20h au Théâtre National de Nice
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UN PROJET SUR PLUSIEURS ETAPES

Récits de vie

Les récits de vie ont été réalisées sous forme d’interview à partir d’un questionnaire imaginé par Geneviève Flaven. Il a permis une immersion dans la vie de ces femmes. À l’Entre-Pont, ces interviews ont été réalisées par des dizaines de bénévoles. Cette première étape toujours très émouvante a tissé les premiers liens entre les participantes.

L’écriture de fragments

L’écriture de fragments D’octobre 2017 à décembre 2017, l’Entre-Pont a accueilli 23 ateliers d’écriture. Chaque atelier mené par une professionnelle ( Laura Hurt, Johanna Piraino, Camille Bouzereau, Fatiha Sadek...)  avait pour finalité de transformer les textes bruts des interviews en fragments poétiques et théâtraux.L’anonymat des interviews a toujours été respecté.

« La première chose qu’on m’a transmise c’est d’apprendre à finir mon assiette. Je déteste les gens qui ne finissent pas leur assiette... Il y a un challenge que papa nous avait donné pour Pâques. On avait le droit de manger les chocolats que si on répondait à des énigmes, sinon on devait manger des piments.»  Fragment 99 Femmes

L’écriture au plateau

De janvier à mars 2018 se sont déroulées les premières répétitions en vue de la présentation de la première étape de travail pour le 7 mars à l’occasion de la semaine internationale des droits des femmes. La création est prévue fin 2018.

 

NOTES D’INTENTION

Laurence Marthouret - chorégraphe - metteure en scène

« Dans 99 femmes il s’agissait pour moi de donner un corps et un espace à toutes ces voix et ces témoignages de vie derrière lesquels il y a une femme qui s’est racontée. Le fait de ne pas être dans de la littérature-fiction mais dans une réalité, dans des extraits de vie, a énormément influencé mon travail. Le fil de la narration était à inventer car il n’y a pas une histoire mais plusieurs histoires qui se répondent et rentrent en résonance. Il fallait aller chercher au fond de soi, très instinctivement les liens entre chaque histoire, faire nos choix et construire la notre parmi toutes les combinaisons possibles des 99 fragments!!! J’ai recherché avant tout un métissage des écritures spatiale, physique et musicale, sans être dans une écriture à proprement parler chorégraphique mais une recherche d’état de corps en relation forte avec le récit. Comment par l’état de corps et un rapport spécifique à l’espace on donne à entendre un texte autrement. Toute sa perception peut en être transformée.
Je souhaitais une réelle fluidité du choeur, pour qu’il puisse passer du mouvement au chanté, du chanté au texte parlé ou murmuré et même crié. Pour que tout se fonde et se mélange, comme autant de paramètres possibles pour nous faire entendre, voir et ressentir ces témoignages .
La puissance de ces fragments de vie et cette expérience avec ces femmes singulières, sur scène la plupart pour la première fois, a été une énorme richesse. »

 

Fatiha Sadek - metteure en scène, comédienne

« J’aborde la mise en scène sur le projet des 99 femmes d’une manière simple et ludique, l’idée est de donner l’occasion aux interprètes de fouiller à l’intérieur d’elles pour trouver le meilleur moyen de servir avec authenticité et sincérité, un récit, un témoignage, une parole.
Les comédiennes se transforment alors en « Haut Parleur » en passeuse d’histoire comme dans l’art du conte. Ce projet est une merveilleuse occasion de mettre en lumière et de valoriser la parole de celles qui ne l’ont pas. En les invoquant et en leurs donnant une place sur un plateau de théâtre.
C’est une belle opportunité pour les comédiennes de faire appel à leurs talents pour servir la pièce.

 C’est une écriture au réel sur le plateau nourri par le jeu, l’énergie et la dynamique du groupe. Les fragments écrits lors des ateliers d’écritures, nous servent de matières premières d’improvisation et de création, mon rôle est celui de guider, d’insuffler, de stimuler et d’encourager les propositions. Ce projet est une Co-création, une coopération entre toutes les femmes et l’équipe artistique….»

 

Johanna Piraino -  création musicale  et interprétation

«  Je propose ici un travail de chœur. Il nʼy a pas de performance, chacune évoluant à son rythme et avec ses capacités. Il nʼy a pas de résultats à atteindre, chacune trouvera ce quʼelle peut faire et comment le faire. Lʼensemble de la pratique est porté par le groupe. Une réflexion sur la vie des femmes, ces femmes que nous avons décidées dʼincarner dans ce projet. Un travail à lʼunisson,  une seule voix, une seule femme et toutes à la fois porté ici par lʼaccordéon  en soutien des voix. Lʼinstrument de musique guide vers la justesse, la musicalité. Un travail dʼabord autour de quelques notes à lʼunisson faisant écho à lʼinstrument. Des alternances voix chantées / voix parlées, souffle, chuchotements....mais aussi des cris, des rires...et enfin la mélodie. De là, lʼenvie de fredonner, chanter ou simplement lʼenvie de rester dans une ponctuation musicale. Le contenu, les fragments nous donneront de bonnes directions de travail : des phrases mélodieuses, des mots chocs ou des mots clés... Enfin, il nʼy a pas de musique ou de chant sans rythme. »

 

Philippe Maurin - création lumière et régie

« Éclairer une succession de témoignages, éclairer la circulation de la parole, sa fragilité comme sa force, portée par une seule ou bien par un groupe de 30 femmes de toutes conditions, origines et couleurs.
Eclairer une voix qui se sort du groupe et de la nuit, qui chante, qui pleure ou qui crie, éclairer des silhouettes qui se détachent dans l’obscurité, presque indistinctes, éclairer la veillée autour d’un feu, où l’on se raconte les unes aux autres, pour que vive le souvenir, les émotions simples, la joie ou la colère, l’ironie ou la tendresse. Eclairer tous ces mots et ces corps qui disent ce que c’est que d’être Femme, encore aujourd’hui. »

 

L’EQUIPE ARTISTIQUE

Johanna Piraino
Accordéoniste - chanteuse - auteur - compositeur - interprète. Le travail artistique de Johanna Piraino est riche et diversifié. C’est une artiste pluridisciplinaire. Elle alterne entre ses propres créations et le travail d’interprète. Depuis quelques années, elle compose, écrit des chansons, multiplie les expériences auprès de musiciens hétéroclites. En diffusion : concert / Échappée Belle (auteur-compositeur-interprète) : album de 14 chansons soutenu par la Région PACA / musiques actuelles. Déambulatoire musical : Pizzicato (conception, chant-accordéon) : un travail sur la proximité, le lien, la chanson à texte avec la comédienne Elise Clary. En cours : «99 femmes» et écriture d’un nouvel album.

Laurence Marthouret
Chorégraphe, est titulaire du diplôme d’étude supérieure en écriture et analyse du mouvement du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP). Elle étudie les fondamentaux de la technique d’analyse du mouvement LabanBartenieff auprès de Marie-Christine Gheorghiu et la Release Technique avec Greg Lara, Shelley Center et Irène Ultman membres de la Trisha Brown Dance Company. Elle développe une écriture singulière, un univers sensible et organique où elle questionne le corps dans son environnement spatial et musical. Dès 1999 elle explore les contraintes comme paramètre fondamental de la composition chorégraphique dans la série « 5 solos »: No Step, Trans, Walk, Monade et Meltem. Sa démarche est une exploration perpétuelle du corps et des perceptions, un questionnement et une réflexion sur la posture de l’humain dans le monde. Elle relie un travail d’introspection et une recherche sur l’abstraction du geste.

 

Fatiha Sadek
Fatiha a plusieurs cordes à son arc : conteuse professionnelle, comédienne, metteuse en scène, auteure et formatrice, sa curiosité insatiable l’entraîne à se questionner et à approfondir toujours et encore ses connaissances. Elle se forme auprès de Enfance et Musique, au Centre Méditerranéen de Littérature Orale (CMLO), au Centre Artistique International The Roy Hart Theater, au Théâtre National de Nice et au Centre des Arts du récit en Isère. Elle s’intéresse au conte thérapeutique et approfondit ses recherches. Riche de toutes ces expériences, elle crée des spectacles en direction de publics différents.  Elle anime aussi des ateliers de pratique artistique autour de la parole : “Prise de Parole en Public” et forme des professionnels et des pédagogues à “l’Initiation à l’art de conter” et “Comment conter aux tout petits”.
Elle développe des ateliers de pratiques artistiques auprès de publics dit sensibles. Mise en valeur des collectages par des expositions, des recueils de récits et des spectacles : “Le Fil de la Mémoire”, “Portraits de Vie”, “Les Elles de Ranguin”.
Ces dernières années, sa démarche artistique l’amène à recueillir des récits de vie qui nourrissent l’écriture de ses spectacles : “Le Rêve de Thia et le destin de quelques autres”, “Les Elles de mon immeuble”.
Fatiha est à l’origine de la création de la Compagnie “Conte sur Moi”, organisatrice d’événements et du Festival du contes : “Les Murmures de la Villa” à Carros village de 2013 à 2016.

Philippe Maurin
Après des études d’Arts Plastiques et un diplôme de la Villa Arson en 1987, il commence un an plus tard sa carrière de scénographe et créateur lumières en travaillant pour des compagnies niçoises comme : La 2ème compagnie des Montagnes Scabreuses, la Saéta, Le Grain de Sable....
En 1993, il s’installe à Marseille, devient résident permanent de La Friche Belle de Mai, travaille comme assistant pour Armand Gatti, collabore avec Ilotopie, Générique Vapeur, Artonik et Tout S’ambal.
En 2003, il revient s’installer sur Nice, Intègre le Collectif des Diables Bleus dans les casernes St Jean d’Angely et en 2005, participe à la création de l’Entre-Pont et devient partenaire régulier du Hublot, Divine Quincaillerie, Le Grain de Sable, et bien d’autres compagnies régionales.
Depuis 2016, il participe à l’installation de l’Entre-Pont dans les anciens abattoirs LE 109, et reste très actif en temps que scénographe constructeur et créateur lumières.